Archive pour février 2008
Après 10h d’audience
Vendredi 22 février 2008Jeudi soir vers minuit, après 10h d’audience, les 6 prévenus ont quitté le Tribunal de Bayonne.
Vu du dehors…
Depuis 14h, plus de 400 personnes s’étaient rassemblées pour soutenir Virginie, Fred, Benat, Jean-Michel, Frantxua et Mizel, dans une ambiance calme mais anxieuse. A 21h un peu plus de 100 personnes étaient toujours présentes devant le Tribunal, certains paysans revenant même après leurs travaux.
Vers 15h, les accusés, leurs avocats ainsi que leurs témoins, entraient au Tribunal. S’ensuit une longue attente pour la foule postée dehors.²
A 17h, une avocate venait informer la foule qu’allait débuter l’audience des accusés, après 2 h de discussions entre les avocats et le procureur concernant la procédure. L’audience allait durer encore 2-3 h…
Vers 20h30, une pause d’un quart d’heure permettait aux accusés et témoins de sortir prendre l’air avant de ré-”attaquer” : les témoignages des accusés et des témoins allaient enfin être entendus.
Vu du l’intérieur : (propos recueillis dans le jpb)
“(…)A l’heure de boucler cette édition les prévenus et les témoins avaient été entendus mais le procureur était encore après 22h en train de réclamer l’application “de l’État de droit dans cette partie du département” et les avocats de la défense, qui devaient plaider la relaxe, n’avaient pu encore avancer leurs arguments. (…)”Comment peut-on prétendre atténuer les conséquences si on ne réfléchit pas aux causes?” avait lancé dans l’après-midi Frantxua Irigoien (…) “Les principaux responsables de ce qui s’est passé à Saint-Palais ne sont pas dans la salle”, avait-il asséné, en enfonçant le clou. La FDSEA était dans le viseur de la plupart des prévenus comme dans celle des témoins. Tout au long des heures qu’a duré le procès, l’historique de l’affaire Kako a été longuement évoqué. Le fait que Fred Larrañaga se soit lancé dans l’achat de la ferme avec le GFAM car personne n’avait manifesté le souhait de s’engager sur ces terres, l’engagement du GFAM par une large souscription populaire, l’arrivée hors délai d’une candidature fortement soutenue par la FDSEA qui remettait tout le dossier en cause, un comité technique de la Safer “noyauté par la FDSEA et qui savait à l’avance quelle décision il allait prendre”. (…)
“Et quelle était votre participation aux faits ce jour-là?”, a répété le président aux six prévenus mis en examen pour des faits de violences volontaires en réunion à l’encontre de gendarmes, de dégradation et d’outrages. Tous ont mis en avant leur détermination à ce qu’une délégation soit reçue pour éviter l’expulsion d’un paysan. “Ce jour-là, soit on rentrait tête basse à la maison en acceptant une terrible injustice, soit on réagissait et la seule manière était d’obtenir une discussion avec les membres de la Safer”, a résumé Frantxua Irigoien. Et d’ajouter “les manifestants ne se sont pas calmés quand un compromis a été trouvé, ni quand la délégation a été reçue mais quand l’éventualité qu’une délégation soit reçue a été avancée”. Sur les violences contre les agents, les jets de pierre, le vol d’une matraque, la dégradation de la porte, tous se disent non violents. Ils ne reconnaissent pas les faits. “La mêlée, j’y étais”, reconnaissent certains, “l’objectif était de discuter avec la Safer, je n’ai jamais frappé personne”, dira Jean-Michel Ayçaguer, accusé d’avoir frappé les gendarmes avec un parapluie.
Les deux gendarmes blessés ce jour-là sont présents à la barre. L’un reconnaît formellement Fred Larrañaga comme l’un des manifestants qui lui faisaient face. Mais dans sa déclaration antérieure, il disait ne pas savoir d’où provenaient les coups, rappelle un avocat.
Son collègue a reçu un bloc de goudron sur la pommette mais il ne peut dire si c’est Larrañaga qui le lui a envoyé. Les photos et la vidéo montrées à l’audience ne sont pas toutes très explicites.
Me Larrea fait d’ailleurs dire au technicien de la Safer qui déclare à la barre comme témoin qu’il était bien en première ligne mais qu’il n’a pas entendu de paroles outrageantes contre les gendarmes ni vu Fred Larrañaga extirper un gendarme ou cracher. Le procureur ne laisse rien passer, saute sur les virgules. Déjà en début d’après-midi, avocats de la défense et ministère public s’étaient empoignés sur des demandes de nullité de procédure.
Enfin, les prévenus n’ont pas manqué de dénoncer leur condition d’interpellation “particulièrement traumatisante pour nos enfants qui n’ont pas compris ce qui arrivait à leurs parents”, ont notamment indiqué Mizel Dunate et Virginie Brunet.”
Le procureur de la république a requis les peines de :
2 mois de prison avec sursis pour Virginie
une amende de 600 € pour Mizel et Frantxua
une amende de 1200 € pour Jean-Michel
une amende 1800 € pour Benat et Fred.
La décision du juge sera rendue le 13 mars.
Dans l’après-midi, ELB a fait un appel aux dons qui permettront de couvrir une partie des frais liés au procès : les frais d’avocat et les frais d’amende.
Jeudi 21 : tous devant le Tribunal à 14h30!
Mardi 19 février 2008Jeudi à 14h30, les 6 prévenus (Mizel Dunate, Benat Etcheto, Jean-Michel Aizager, Frantxua Irigoien, Frédéric Larragnaga, et Virginie Brunet) comparaitront devant le Tribunal de Bayonne. Les chefs d’inculpation comportent les actes de “violence en réunion” et de “dégradation de matériel militaire”, pour lesquels ils encourent jusqu’à 5 ans de prison.
Le GFAM Lurra et le Syndicat ELB appellent donc à la mobilisation populaire devant le Tribunal, afin de soutenir les 6 prévenus car “ce ne sont pas 6 personnes qui devraient être jugées mais 250” (jean-Paul Duhalde, JPB 19/02/08).
Nous devons tous être solidaires des 6 personnes arrêtées, dont nous demandons la relaxe immédiate.
A cet effet, ELB a déjà recueilli par pétition le soutien de 575 élus du pays Basque, dont 58 maires.
Pour le GFAM, cette affaire va beaucoup trop loin : ce qui ne devait être qu’une installation prend une ampleur démesurée. Frédéric devrait déjà être installé à Kako.
Alors, pour qu’enfin le coeur du problème, l’installation, soit sereinement traité, venons tous soutenir la relaxe des 6 accusés!
Il n’y aura pas de bus organisé : donc rendez-vous est donné entre 12h30 et 13h à Laborantxa Ganbara à Ainhice Mongelos pour organiser le covoiturage,
ou à 14h devant le Tribunal de Bayonne.
la propriétaire devra trancher
Mardi 12 février 2008Malgré les évènements de ces dernières semaines, la campagne du GFAM Lurra continue : 250 parts à 63 € sont toujours à souscrire pour permettre au GFAM d’acquérir les terres de la ferme Kako à Ainharp.
Il incombe aujourd’hui à la propriétaire, Maite Errecart, de choisir le candidat à l’acquisition. Elle viendra sur place dans les prochaines semaines, pour rencontrer les 3 candidats. Son objectif étant de vendre la totalité du bien ( terres + maison), malgré le prix exorbitant (plus de 400 000 €!), Fred et Jasmine, le GFAM et ELB ont décidé de réfléchir conjointement à une solution afin d’acheter la maison et d’être plus “compétitifs” face aux autres candidats. Une association est en cours de constitution qui achètera la maison, grâce à un appel à souscription (1000 € la part).
Par ailleurs, les 6 personnes interpelées le 30 janvier passeront devant le tribunal le 21 février. Nous appelons à un rassemblement populaire à 14h30 le jeudi 21 février.
300 personnes présentes à la réunion de samedi!
Lundi 4 février 2008Suite à l’appel d’ELB, 300 personnes se sont réunies samedi soir dans les locaux de Laborantxa Ganbara pour faire le point sur l’actualité liée à la Ferme Kako.
Suite à un rappel de l’historique de ce qui est devenu “l’affaire Kako”, les 6 personnes arrêtées mercredi ont témoigné sur leur garde à vue : témoignages pleins d’humour, de sensibilité, de solidarité aussi, non ternie par ces obstacles.
Il a été question de la suite à donner à cette mobilisation : le prochain rendez-vous est pris pour le 21 février, afin de soutenir les 6 inculpés.
Nous devons être très nombreux le 21!
Fred est celui qui écoppe du plus grand chef d’inculpation : violence contre forces de l’ordre, crachat, insultes.
Le GFAM de son côté, continue ses actions afin de boucler sa campagne : 300 parts sont encore à prendre!
Un groupe de travail réfléchit également à l’achat de la maison d’habitation, qui semble être le principal frein à l’acquisition des terres par le GFAM et Fred : quel statut? comment trouver les 240 000€?
La bataille n’est pas perdue : le GFAM remercie toutes les personnes qui nous soutiennent, votre appui est plus que jamais indispensable!
